Après les sorties plutôt démoralisantes de la semaine passée, j'avais
décidé, s'il ne pleuvait pas trop cette semaine, d'aller manger des côtes en vallée de Chevreuse. En effet, la sortie de dimanche dernier m'a montré que fontainebleau était intéressant en
terme de technique et de rythme, par contre ce n'est pas la panacée pour affronter les successions de petites montées.
Dans la semaine, j'en avisais Thibaut qui me dit alors qu'il va
m'accompagner pour cette sortie. Forcément, je ne suis pas très fier car vus la dernière sortie et le vtt que je dois traîner, il va devoir m'attendre pas mal de fois, mais tant
pis.
Le vendredi matin, coup de fil de mon vélociste, le Rocky est prêt ! Ça
c'est une bonne nouvelle. J'irai donc le chercher le soir dans la foulée, pour pouvoir rouler dessus le lendemain. Deuxième nouvelle de la journée, Nico et Hervé seront aussi avec nous !
J'ai l'impression que même avec le Rocky, je risque de faire le boulet parce que là, il y a des sacrés clients !
Rendez-vous est pris pour 8h30 au parking. On se prépare par une belle
fraicheur matinale, 0°c au thermomètre. On est tous en long, sauf Thibaut qui a le cuissard court avec les genouillères, courageux (en fait, il s'habitue pour la semaine prochaine à Cassis où il
roulera en court complet). Je vois enfin en vrai son Merlin. Ben... c'est la classe ! C'est laconique, mais que dire de plus ? Je le soupèse, très léger. Il me propose de l'essayer, je
refuse, je risquerai de faire la totalité de la sortie avec :-)
On part à 8h38 pour un tour que je qualifierai de classique. La piste
cyclable où on a toujours froid, on commence la première côte de la journée, et on s'arrête. Non pas à cause de la difficulté, mais le jeune chien de la ferme de Coubertin semble avoir envie
de jouer avec nos mollets. La première partie est facile, la seconde un peu plus dure (on est déjà sur le petit plateau). A l'entame de la troisième, sur une pente plus prononcée, je cale.
Thibaut derrière moi passe. Un peu plus loin, ce sera l'inverse, égalité. On arrive en haut, ça y est, on n'a plus froid. Nicolas et Thibaut prennent la tête du groupe dans le sentier et donne un
bon rythme à la rando, je décroche doucement, avec Hervé dans ma roue. Ça risque d'être délicat pour la suite. Heureusement ils ne connaissent pas le chemin et sont donc parfois contraints
d'attendre. Le sol est humide, mais pas vraiment boueux. On attaque prudemment la première descente, on rencontre le premier bourbier (court). Petite remontée dans les pierres puis sentier à
flanc de colline. On attaque ensuite la remontée vers le château de Meridon, un peu piégeuse sur la fin mais ça passe pour tout le monde. Le cardio monte bien, le jambes ont l'air de répondre, il
n'y a que cette migraine qui est gênante lorsque le rythme cardiaque est très élevé.
On prend le single, légère remontée, puis on emprunte un nouveau sentier
dont j'avais aperçu l'entrée la semaine dernière. Au début c'est pas mal, sauf qu'on arrive ensuite dans la pente puis en dévers dans la terre de bruyère qui n'accroche rien du tout. Pas de
risque, au moment d'attaquer le virage je pose pied. Nicolas passe et glissouille juste à la fin, plus haut Hervé manque de tomber et Thibaut prudent préfère passer à pied. Mauvaise idée que ce
passage, la prochaine fois je prendrai l'itinéraire classique.
Descente vers Choisel, puis remontée sur le plateau vers la porte de la
ferté, avec encore ici passage de bourbier, mais rien à comparer avec ce qui nous attend à 1 km. Pour rentrer dans la forêt, des bulldozers ont fait le travail, le chemin que l'on doit traverser
est détruit. Hervé tente de passer avec la technique du cri-qui-tue, échec. Thibaut tente de suivre les ornières pour ensuite les traverser, échec. Pas téméraires, Nico et moi passons tout à
pied. S'ensuit le chemin-bourbier perpétuel. Thibaut comme toujours dans pareil cas est devant et roule fort mais il tourne à gauche alors qu'il faut aller tout droit pour prendre
la belle descente, ça nous permet de lui mettre un vent et de le chambrer en l'attendant en bas. Pas la peine d'avoir un super vtt et de s'inscrire à Cassis, si on l'attend tout le temps
:-).
La montée qui suit commence doucement mais finit très fort. En plus, avec
l'hiver, un passage vers le bas comprend de la boue qui "bouffe de l'énergie". Je vais la monter effectivement à l'énergie, Thibaut est dans ma roue et force aussi. J'arrive en haut
exténué, j'ai l'impression que ma tête va exploser. Thibaut lui, fidèle à son habitude, relance. Nico arrive et le rejoint, tandis qu'un peu après Hervé en termine. Dur ! Hervé s'excuse
aussi pour ce qu'il a dit la semaine dernière, comme quoi je n'étais pas en forme. Je ne peux pas lui en vouloir, c'est aussi ce que je ressentais, mais ce n'est en aucun cas une sanction
;-)
On continue "tranquillement" (c'est à dire que je reviens à un rythme
cardiaque plus calme) jusqu'au vaux de Cernay. Quoique non, juste avant, je me comporte en masochiste convaincu, on va passer par une petite côte que les chevaux empruntent et qui donc est
"labourée" l'hiver, rendant son ascension assez difficile. Ça ne loupe pas, je cale au milieu, Thibaut passe, "la magie de titane", mais fait une petite erreur d'inattention et pose le
pied à un endroit pourtant facile, dommage. On remonte ensuite par le sentier vers le calvaire des Pucelles. Nico est un peu derrière à cause de sa transmission capricieuse, le petit plateau
ne veut pas passer, Dieu sait qu'il est pourtant utile dans la région :-)
Le chemin en hauteur est très humide. Thibaut mène et son rythme est à
ce moment parfait pour moi. On redescend ensuite vers l'abbaye pour remonter aussitôt au "rendez-vous ravitaillement", avec auparavant sa célèbre côte. Comme pour l'instant je me sens bien, je
prends l'option droit dans la pente. Tout petit développement, cul en bec de selle, et ça passe, à 172 puls/min et le mal de crâne qui va avec. Hervé et Thibaut sont dans la roue, Nico un peu
plus loin.
Première pause donc, après 18 km et 480 m de D+. Bien ! Premier bilan
aussi, je suis rassuré :-). Mis à part le mal de tête, ça va plutôt bien pour moi, je ne l'aurais pas cru une semaine en arrière. Cela étant, le vtt y est pour beaucoup. Je retrouve avec plaisir
la vivacité du "Rocky Mountain Element". Facile à placer, il répond directement à mes coups de pédale. Oubliée l'inertie du Rush (ouf !). (Et qu'est-ce que ce serait alors avec un Merlin titane
!!!). En plus, les 2 ibuprofène m'aident peut-être a encaisser l'effort.
Après une petite collation, on repart, descente vers l'abbaye, on longe les
étangs. Pendant cette partie, c'est moi qui mène et le rythme me convient bien :-). Petite montée (im)possible que finalement tout le monde passera. Le groupe est composé de gars costauds
quand même !
On continue en bas, puis on monte la butte d'auffargis. Pas pour longtemps
puisqu'on replonge dans la descente très caillouteuse pour remonter tout de suite après dans une partie très sablonneuse qui aura raison de nous, on finit tous à pied :-(
On suit ensuite le GR et ses dépressions, on
remonte vers la plaine de la massicoterie pour prendre le single qui longe la foret. Thibaut est un peu derrière nous, bizarre. On attaque ensuite le deuxième chemin-bourbier où Thibaut fait
parler la poudre pour rejoindre les carrières. Elles se passent sans encombre pour Thibaut et moi, on attendra
un peu Hervé et Nicolas (je le précise, car c'est assez rare pour être souligné :-)). On suit ensuite le GR et au train, Thibaut et Nicolas me prennent, 10m, 30m, 50m, 100m sans pour autant
donner l'impression de forcer, alors que si je devais les coller, il faudrait que je sprinte. C'est l'une des plus grosses différences entre eux et moi, cette capacité à accélérer sans en avoir
l'air. C'est amusant, car Nico qui dit ne pas être très en forme est très souvent en deuxième position du groupe. Il a de la ressource et s'adapte à l'allure du meneur. Hervé lui est resté
avec moi, mais il cache peut-être son jeu...
Courte descente, courte montée, Thibaut ne veut pas passer dans le trou pour
la montée impossible, une autre fois peut-être. On descend encore puis on remonte vers le deuxième point ravitaillement au km 32. Ben ça va encore, mais ça fait du bien de se poser un peu.
Heureusement, je n'ai plus les maux de tête, ça aide. Je leur décris la suite du trajet : On descend dans la boue, on remonte, on redescend, on remonte, un peu de plat, on descend, on remonte
dans la boue enfin bref, tout ce que l'on a déjà fait depuis 8 heures et demi le matin :-)
Comme prévu, on commence donc par descendre mais notre élan est stoppé par
un arbre en travers (il y en aura beaucoup d'ailleurs sur la fin de la rando, il aurait fallu prendre la tronçonneuse avec nous pour dégager les passages...)
On remonte dans une partie un peu sablonneuse. Le petit plateau de
Nicolas ne passe toujours pas en côte, mais une fois arrivé en haut, il daigne être utilisé. Visiblement, il veut que Nicolas se fasse les cuisses.
Dans la descente qui suit, Thibaut se la joue warrior, en se prenant une
branche qui va le faire saigner du visage. La côte de foucherolle est juge de paix. Les écarts se creusent, même s'ils sont minimes. Thibaut est dans ma roue, un peu plus loin Nicolas suit et
Hervé accuse un peu le coup. On se regroupe pour enchainer le sentier vers Dampierre, et se diriger vers la côte de Bel air. Nicolas passe devant en emmenant en force son braquet. Je le suis
à 20 m, puis arrive Hervé suivi de Thibaut. Ça commence à être dur. Je demande si quelqu'un souhaite faire la madeleine, pas vraiment de réponse. Thibaut finit par dire qu'il a son compte. De
façon complètement égoïste, comme je sais que la semaine prochaine je risque de ne pas pouvoir bien rouler à cause du don de plaquettes, je décide de prendre une madeleine en dessert :-). Comme
il ne connaissent pas le chemin, ils sont obligés de me suivre.
Avant, on se fait le single des 17 tournants et on se "repose" sur le GR
pour rejoindre Chevreuse. Première partie de la montée, je ressens les prémices des crampes dans les quadriceps. Nico m'impressionne devant, mais il se trompe de route, et se retrouve derrière.
Descente des marches et dernière ascension de la journée, je suis avec Hervé, Nico nous rejoint et nous dépasse. L'entrainement route porte ses fruits sans doute. Ça commence à durcir aussi au
niveau des ischio, il faut que je tienne, je ralentis légèrement, Hervé s'échappe. On arrive finalement en haut, mais il en manque un. Thibaut, "coach" comme l'appelle Hervé, n'arrivera que bien
plus tard. Il nous dit qu'il a préféré monter tranquillement, mais peut-être qu'il est même monté à pied :-) En fait, il est cuit de chez cuit, il va même nous faire le plan "j'ai dériveté ma
chaine" juste après la côte. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour garder la face :-). En plus on va passer plus de temps à réparer que lorsqu'on s'arrête pour ravitailler, si ce n'est pas un
signe ça ! En tout cas, moi ça me permet de détendre un peu les muscles des jambes. Nicolas s'aperçoit aussi que sa roue avant est continuellement freinée (heureusement pour nous finalement). On
rejoint ensuite les voitures après encore quelques kilomètres en lisière de ville.
Au final on a roulé 48 km en presque 4h pour 980 m de D+. Une bien belle sortie, qui m'a rassurée quant à ma forme. Une sortie aussi à laquelle Joël a bien fait de ne pas participer, nul doute
qu'il aurait abdiqué bien avant la fin. Il a quand même repris le vtt et a roulé 40 km dimanche cumulant 500 m de D+. Lucidement, il ne s'inscrira que sur les 50 km de la Champenoise dimanche
prochain.
En tout cas, je n'ai pas fait le boulet comme je le craignais. Au contraire, le groupe était vraiment très homogène, plutôt de bon niveau (enfin, par rapport à mon point de vue de randonneur). Ce
fut vraiment un réel plaisir.
Petite anecdote, le dimanche, mes trois compères devaient rouler avec le
groupe rando de Noisy. Finalement, seul Thibaut y est allé. Signe que la sortie avait bien entamé les organismes :-)