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  le blog teethbrush

Les aventures VTT d'un groupe de randonneurs

La Jean Racine 2008

Publié le 14 Avril 2008 par thierry

Avec Joël, on s'était donné rendez-vous vers 6h55 au niveau des inscriptions, finalement à 6h45, on se retrouve sur le même parking. Joël est arrivé depuis 1/4 d'heure environ, il est prêt à envoyer du gros et tout faire péter dans la vallée de Chevreuse. Motivation d'autant plus grande que la veille il est allé commander un Specialized Epic Expert qu'il aura peut-être à la fin de la semaine...
En attendant, on finit de se préparer et direction les inscriptions. On retire les plaques, on les fixe au cintre et c'est parti pour -normalement- 70 km.
Piste cyclable pour s'échauffer et première côte de la journée. Un peu de monde, en plus des gens qui s'arrêtent en plein milieu pour taper la discute, ça part mal. On se fait doubler par un gars sur son Lapierre, je dis à Joël, soit il est très fort, soit il ne sait pas ce qui l'attend. A la fin de la côte, j'ai la réponse, c'est la deuxième option ! Dès que la pente se fait plus dure, il pose le pied et ne passe pas les mini obstacles. Cette impression sera confirmée sur le single suivant, sur lequel on le suit presque en roue libre tellement il a du mal. A la côte suivante je ne me prive pas de le déposer et de le renvoyer à ses études.
On poursuit en direction du château de méridon sur un sentier à peine humide. Arrivé juste avant le château, Joël ne pédale plus, il a sa manivelle qui pend à son pied gauche. Heureusement, elle s'est juste desserrée, l'axe n'est pas cassé. On la remet en place et on repart.
Dans la partie qui suit, on rencontre, sur 10m,  la première vraie bouillasse du parcours. On file vers Choisel, la côte qui monte vers le centre équestre est relativement "sèche" par rapport à ce que l'on peut connaître. Par contre, le chemin qui rentre dans la foret est le premier vrai bourbier de la journée. Sur un passage un peu trop lent, je m'enlise, c'était prévisible. On descend sur un beau sentier sec et on remonte (alternance qu'on fera toute la journée d'ailleurs). A la fin du coup de cul, devant moi, un gars jette son vtt. Il vient de casser le triangle arrière de son commençal. La rando s'arrête là pour lui. En attendant Joël, je lui explique comment rentrer sur St Rémy.
On poursuit notre chemin, à ce moment-là, nous sommes pratiquement seuls et c'est bien agréable. On se dirige vers les vaux de Cernay. On monte en face de l'abbaye, pour faire le sentier en dévers qui n'arrête pas de monter et descendre. Déjà par temps sec, c'est limite niveau adhérence, je me dis que ça risque d'être dur compte-tenu du terrain. Effectivement, l'arrière manque d'accroche et on monte pas mal de fois à pieds. On arrive au 1er ravito après presque 18 km. On se restaure en bénissant le temps qu'il fait aujourd'hui. On repart pour une petite côte, puis on s'égare au croisement suivant, on a raté la rubalise, mais on n'est pas tout seul puisque ce sont des vététistes en sens inverse qui nous ramènent sur la voie.
Demi-tour pour récupérer la trace et c'est reparti pour les montagnes russes, sauf qu'ici certains passages sont extrêmement glissants, même à pieds. On retrouve enfin un tracé plus "classique", sans portage. On prend la direction de l'abbaye des vaux de Cernay. Une première partie spécifique au 70km nous permet d'apprécier les sentiers des 500 arpents, avec de beaux passages dans la pente, en montée ou en descente notamment une "dré dans l'pentu" et de belles zones de maniabilité. On rejoint le GR au niveau du photographe et on file vers les étangs. On prend une belle côte à gauche qui révèle une certaine fatigue chez les participants. Je la passe sur le vélo, mais en haut, en attendant Joël, j'en vois un bon nombre qui la finisse à pied. Ça rassure Joël qui pensait être le seul. je lui fais remarquer qu'il est rare que des gens à pied en doublent d'autres à pieds ;-).
S'en suit une descente un peu technique avec un milieu le passage d'un tronc en biais qui nous éjecte en travers vers le buisson plus bas. Je ferme les yeux et je l'évite... Je ne sais pas comment j'ai fait. On longe les étangs et on remonte vers le plateau des maréchaux. La côte est dure même sur terrain sec. Pour ne pas trop me griller, je pose pied à terre sur la passage boueux et pousse le vtt sur les 50 m restants. Lorsque Joël arrive, il est perclus de crampes. Je lui dis de s'étirer, mais malheureusement ce qu'il veut faire lui déclenche une crampe ailleurs. Ça fait un peu plus de 30km et 800m de D+ qu'on roule et il ne se sent déjà pas finir. Il faut dire que jusqu'à présent, le parcours a été particulièrement éprouvant.
On poursuit vers les carrières puis toute une partie que je connais bien vers Garnes. Ça monte, ça descend mais tout peut se faire à vtt. Une dernière côte et c'est le ravitaillement au km 35. Il est temps, je commence à ressentir des petites douleurs dans les cuisses lors des efforts violents. On se restaure. Joël ne reconnaît pas l'endroit, alors que c'est ici que l'on faisait les pauses l'an dernier quand on préparait les chemins du soleil, la fatigue sans doute. On en est à la moitié du parcours, même si Joël pense me laisser faire seul la dernière boucle. Pour le rassurer, je dis que ceux qui font le 100 km ont encore 65 km à faire.
Je sais qu'à partir de maintenant, le terrain risque d'être beaucoup plus gras. Ça ne rate pas dès la première descente qui se fait dans la bonne bouillasse. Heureusement, la côte suivante est dans le sable, et Joël la passe sur le vélo, tout juste s'il a mis le pied par terre pour se ré-équilibrer. Un peu plus loin, on descend sur Fourcherolles et je me fais un festival de tête-à-queues. La première fois, je me rattrape à un arbre miraculeusement. Un peu plus loin dans une marre de boue, le vélo devient incontrôlable, j'arrive à déchausser, je pose le pied dans une mélasse bien épaisse et j'arrive à retrouver l'équilibre. Ouf, ce n'est pas encore l'heure du bain de boue !
On remonte sur champ Romery, On choisit l'option 70km. Si on doit couper, ce sera la dernière boucle. Passage dans les champs avec évidemment vent de face (j'adore !). Je conseille à Joël de mettre la plaque pour détendre les muscles, comme dit si bien Thibaut :-). Puis on rentre dans le bois de l'étrille. C'est un peu boueux, mais encore roulable. Après la côte, sur le changement de direction, j'attends Joël qui n'arrive pas. Enfin si mais bien plus tard. Il n'a plus de petit plateau ! Non pas qu'il fasse des chain-suck, non pas du tout. Simplement, son 22 dents ne tient plus que par une seule vis ! Heureusement, il a pu en récupérer une et on fait tenir son plateau juste par 2 vis. On repart. Je sais que la descente qui suit va être humide pour l'avoir déjà pratiquée par temps presque sec. C'est au delà de mes espérances. Sur 200 m, c'est un amas de boue liquide. J'essaie tant bien que mal de rester sur ma ligne. Rester souple, ne pas user du frein, j'arrive finalement au bout pour bifurquer vers la montée. J'attends Joël qui était juste derrière moi mais que je ne vois pas arriver. Un gars me dit que mon collègue joue à Holiday on ice, j'imagine le pire. Effectivement je vois Joël arriver couvert de boue. je ne peux pas m'empêcher d'exploser de rire. En plus un fou rire et je ne peux pas m'arrêter, c'est vraiment pas gentil pour lui. Il a été éjecté de son vtt devenu incontrôlable, mais rien de grave. On repart, toujours des passages boueux, des côtes qui génèrent de légers chain-suck et on arrive au 3eme ravitaillement, où du salé nous attendait.
La suite est un classique de la vallée de Chevreuse. On part vers Girouard où nous attend une côte sur bitume. Les cuisses me font mal, je vérifie la hauteur de selle, normal j'ai perdu 4 mm. Je rétablis la bonne marque, on file ensuite vers le pommeret et sa célèbre côte. Pas question de se cramer j'assume donc le minimum sur le vtt et le reste à pied, tout comme Joël. On enquille un single, traversée de la route. Joël m'avoue ne plus être lucide, mais en tout cas, il suit. Pour ma part, je suis bien attaqué, mais je résiste encore. On continue comme ça jusqu'à la descente de Maincourt. Le terrain est assez sec par ici. Ce n'est que de courte durée car le sentier qui remonte depuis la maison du garde est un vrai bourbier. En plus on retrouve les 55 km. On avance donc au pas sur le vtt, puis au pas à pied. On rejoint Bel-air et le single des 17 tournants sur lequel je me retrouve étonnement seul, je peux donc en profiter, sauf la toute fin et la butte sur laquelle de nombreux vététistes butent (!). Je m'en délecte en attendant Joël. On prend ensuite le GR qui nous ramène vers Chevreuse et le château de la Madeleine. C'est l'itinéraire habituel de mes fins de rando. Du roulant, une descente sur bitume, un peu de ville et l'ascension de la madeleine. Tout se passe bien, même pas mal!
Je m'arrête en haut pour attendre Joël et je le vois arriver sur le vélo. Eh, t'as la forme gars ! On fait quand même une belle pause pour la dernière boucle, car arrivés ici, ce serait dommage de couper. On file donc vers la fin du 70 km. Ça commence par de la route, puis du chemin large. C'est bien, ça fait du kilométrage sans trop taper dedans. Dans un chemin, de belles rigoles en béton et relativement larges sont assez piégeuses, mais on les passe sans encombre. On attaque ensuite un single descendant où un photographe me prend dans la pente (je suis devant, normal :-) )

La remontée est coupée par un tronc. Au moment de repartir, je n'ai plus la pêche nécessaire pour prendre assez d'élan. Un bordelais, me pousse pour m'aider, sympa. On poursuit le single qui devient bien boueux, je glisse d'ailleurs au passage d'un fossé. Juste après c'est une espèce de marécage et on ne remonte pas sur le vtt pour rejoindre le chemin commun aux circuits 40 et 55 km. Un dernier faux-plat et on retrouve la route pour rejoindre le point d'arrivée après 6h50 de vtt, 70 km et 1595 m D+.
On l'a fait ! Bravo à Joël qui a su trouver les ressources nécessaires pour finir, car on ne donnait pas cher de sa peau après 30 km. Aux sandwiches, c'est une véritable star, tout le monde sait qu'il est tombé puisque couvert de boue sur le côté droit. On se restaure puis direction les voitures pour le retour à la maison.
En conclusion, c'était une bonne sortie vtt qui va nous aider en prévision de la valslopette. On ne regrette pas d'y être allé !
 
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