Le départ devant avoir lieu à 6h45, on se lève un peu avant 5h, je file aux sanitaires et il y a déjà de l’attente pour les toilettes, ça commence bien ! Il fait froid et humide, le jour n’est pas encore levé et c’est le bal des frontales dans le camping. Drôle d’idée pour un dimanche matin !
Pour gagner du temps, on prend le petit déjeuner au camping-car. On plie ensuite les tentes,

on range les bagages et on file prendre le départ. C’est bien clairsemé par rapport aux jours précédents.
Soit il y eu beaucoup d’abandons, soit tout le monde n’est pas encore arrivé. Pour débuter, le programme est relativement simple : ça monte pendant 13 km, jusqu’au col du Lautaret. Je roule
avec Hervé et Joël puisque nous étions les premiers du groupe au départ.


On s’attend donc à ce que les autres nous doublent puisque nous avons opté pour un train de sénateur qui sied
bien à Joël en cette période.
En fait, ils sont déjà devant car ils ont légèrement coupé le départ…
Le rythme est assez lent dans le peloton, et on reste groupé. On sent que les participants ont déjà souffert ces 2 derniers jours et qu’ils ne veulent (peuvent ?) pas se mettre dans le dur tout de suite.
A l’occasion d’une courte pause, Greg nous rejoint. Du coup, tandis que je roule avec Joël, Hervé et Greg roulent ensemble un peu devant. On continue à monter.
On arrive ensuite à une zone de portage qui nous permet d’atteindre enfin le sommet.
Non, Joël ne court pas !
Pause avant portage


C’est le bon moment de faire une pause et d’immortaliser l’instant.

On attaque alors cette génialissime descente ! Joël est devant, je suis calé derrière un vététiste qui a sensiblement mon niveau et on se fait bien plaisir, ça trajecte, ça saute, ça passe des gués, ça double lorsqu’il y a de la place, bref c’est du grand bonheur.

Il n’y a qu’à la toute fin où certains passages deviennent délicats avec des passages de marches et de dévers en éboulis. Fidèle à mon principe « CDS2009 », je ne prends pas de risques et passe à pieds ces passages.
On arrive alors au premier ravito où déjà des concurrents décident de bâcher et rentrent à Gap en voiture…
On attaque alors la deuxième difficulté de la journée, une côte sur chemin forestier. Le rythme imposé par Joël est très lent. On voit qu’il souffre, mais il n’est pas le seul dans ce cas-là.
A la faveur d’un faux plat descendant, il met la plaque et balance les watts. Je me dis « c’est bon, ça revient ! ». Fausse alerte, il coupe l’effort tandis que je continue. Dans l’intervalle, on a doublé une équipe élite dont l’un des équipiers est complètement cuit. Ça remonte. En quelques coups de pédales j’ai déjà distancé Joëel de plus d’une minute, la fin risque d’être une nouvelle fois un calvaire pour lui.
On continue à monter dans des paysages somptueux, en plus j’ai vraiment le temps de les admirer. On poursuit ensuite sur un magnifique single, je suis aux anges !
Je m’arrête pour la photo. Joël n’arrive pas et les moustiques m’attaquent. Mais l’attente valait le coup :
On continue tranquillement jusqu’au sommet.
Joël peste !
On prend la descente, preuve de la fatigue de Joël, il a du mal à la négocier. On arrive à St Etienne en Dévoluy où il y a un point d’eau. Joël me propose de partir devant. Je suis embêté, j’ai du mal à le laisser seul dans son état. Il insiste et me dit que de toutes façons, il n’est pas tout seul. Effectivement, je me rends à l’évidence, tout autour de nous il y a des vététistes au même point que lui, c’est à dire complètement cuits.
Je pars donc seul pour une longue remontée solitaire. Ça commence par un portage de furieux à la sortie de la station. Vtt sur le dos, je fais l’ascension à bon rythme. On emprunte ensuite un chemin forestier sur lequel je récupère un paquet de concurrents assez surpris de se voir dépasser à bonne vitesse. Je rejoins ensuite la route puis le ravito où Greg et Hervé finissent de se restaurer. Ils proposent de m’attendre, je leur conseille plutôt de repartir, compte tenu de ma forme, ça ne me dérange pas de rouler seul.
Après avoir bien bu, je repars pour finir le col sur la route. Fourche bloquée, je peux me mettre en danseuse et emmener un bon braquet, ça va finalement assez vite.
Petite photo au col
Et début de la descente par la route où je vais plus vite que les autos, cool !
On replonge ensuite dans la forêt pour une descente de toute beauté, je suis euphorique ! J’aperçois au loin un maillot de Noizy, c’est Greg que je vais déposer à la faveur d’un changement de pente. Je continue, petite frayeur avec un rocher que je fixe trop des yeux et j’arrive en bas où Hervé attend Greg. Je lui dis qu’il n’est pas loin derrière, du coup on continue tous les deux pour ce qui sera un passage de fous sur une dizaine de kilomètres. On se tire la bourre comme des cinglés. On roule à plus de 25 km/h sur le plat en enrhumant littéralement les autres concurrents. On se met minable en côte et j’essaie de ne pas lâcher dans les descentes. Trop bon après 2 jours et demi de vtt et la fatigue accumulée ! Hervé a tellement la pression en descente qu’il rate une bifurcation. J’ai beau hurler, siffler, crier, il n’entend rien et descend 200m de trop. Je file donc seul jusqu’au ravito suivant, où il arrivera quelques minutes après moi.
Ce fut dur, mais bon !
Je repars seul car Hervé préfère attendre Greg. On a directement une belle côte pour repartir, je pousse un peu le vtt mais remonte assez rapidement dessus pour doubler un vététiste, puis un autre, puis encore un autre. C’est assez grisant en cette fin d’étape. On arrive sur le sentier en balcon que j’aime beaucoup, je me régale.

Néanmoins, en cette saison, les passages d’eau sont plus difficiles à passer, je reste prudent.
Un peu plus loin on tourne à gauche pour la descente, je suis un peu déçu car elle ne présente que peu d’intérêt par rapport à celle qui emmène vers Laye avec ses passages en balcons et ses tournicotis . Tant pis, j’engage, le temps de me débarrasser d’un couple et je me retrouve seul pour atteindre un passage dans l’eau. Là, je sens mon avant très instable, je préfère alors passer cette partie pédibus. Avec le recul, je me demande si mon pneu avant est très performant dans le liquide…
C’est ensuite un chemin blanc assez plat sur lequel je double encore quelques vététistes en manque de
puissance pour pouvoir emmener un braquet suffisant. On arrive ensuite dans un petit village où je dois laisser passer un troupeau de vaches et on tourne à droite pour une interminable montée sur
le bitume. C’est totalement démoralisant ! Il fait très chaud et on a l’impression de ne pas avancer. La pente se fait moins forte, les « encore frais » (dont je fais
partie
) peuvent remettre du braquet et relancer la machine.

On arrive enfin au golf du col Bayard et c’est l’arrivée après 7h44 d’efforts. C’était vraiment une superbe étape, du vtt comme j’aime dans des paysages magnifiques où les efforts consentis en côtes sont récompensés par de superbes descentes.
Thibaut est arrivé quelques minutes avant moi, et pendant que je me restaure, il va nous acheter des coca, merci !
Plus tard, Hervé puis Greg arrivent. Je pars vite chercher la voiture à Laye pour la ramener près du camping-car.. On tente les douches, mais il y a trop de monde, du coup, on se lave dans le camping-car. Une fois propre ; je file à l’arrivée où Joël est là depuis 10 minutes, il tente de récupérer :
Je lui paye une bière pour fêter la fin de l’épreuve tandis que des vététistes continuent d’arriver.
Plus tard, on prend tranquillement le dernier repas.

En sortant, on croise les féminines de Malherbes qui en terminent seulement, elles sont allées au bout, bravo.
Dernière photo de groupe avant de prendre la route, et on remonte sur la capitale…
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