Pour cette deuxième étape, le profil est beaucoup plus facile puisqu’il n’y a que 3 côtes au programme. Certes, le dénivelé est important avec 2165 m annoncé, Mais bon 3 côtes, ça devrait être vite fait.
Le matin, on ne se lève pas trop tôt car le départ est prévu à 9h45. Malgré ça, je préfère prendre le petit déj’ au camping-car, c’est plus tranquille. Rituel classique de la préparation, du rangement et on se dirige vers le départ.



Joël travaille déjà la récup'
Le parcours commence par une côte qui va nous emmener au col du Pinet et nous faire prendre d’un coup 600m. On commence en peloton, plutôt doucement. Les gens semblent calmés par l’étape d’hier. D’abord sur du bitume, on arrive rapidement sur un chemin forestier.

Il fait déjà chaud. Il faut dire que ce départ tardif ne nous aide pas pour gérer la chaleur. La pente nous oblige parfois à pousser. Joël se place en position stratégique pour la motivation.
Et il le sait...

On continue, lentement.
C’est déjà la procession. On arrive au premier ravito après plus d’une heure et demie. C’est un peu fouillis, mais au moins il y a de l’eau, pas comme il y a deux ans au même endroit.
On repart ensuite dans un single, mais très vite, ça bouche. On fait 5 m sur le vtt, on s’arrête, 10m, puis on passe à pieds. On remonte sur le vtt. C’est assez pénible, et je ne suis pas vraiment à ce que je fais. La sanction va venir sous la forme d’un arbre dans lequel j’accroche mon cintre. Direct dans le ravin. Je me rattrape à un arbre, mais je descends de 3 m. Décidemment c’est la saison des chutes bêtes !
Le sentier se dégage enfin et on attaque une descente royale en single dans laquelle on s’éclate comme des
fous. Que du bonheur ! Mais bien vite, il faut déjà remonter.

On arrive rapidement à un portage sévère sur une voie aménagée le long d’une falaise (type voie romaine). Joël commence à souffrir malgré ses prises de gel et acti-food répétées.


On roule un peu, courte descente et un autre poussage se présente. Joël est cuit. Je prends son vtt pour qu’il puisse récupérer, mais rien à faire, un peu plus loin il s’écroule.

Dur de voir des gars sur le vtt hein ?!?

On repart doucement pour arriver finalement au sommet

et basculer dans une excellente descente qui nous emmène à Glandage au second ravito. J’avoue avoir manqué un peu de lucidité au début de cette descente. La prise d’un gel m’a remis d’aplomb et j’ai pu reprendre mon niveau. Merci Thibaut pour ce conseil.
Au ravito, on fait une longue pause d’une demi-heure pour bien reprendre des forces et attaquer sereinement la dernière montée.
On part donc vers le col de Lus et tout de suite on est dans l’ambiance avec un portage droit dans la pente. C’est dur pour le moral des gens déjà fatigués car ça s’annonce sévère !
Lorsque la pente devient « roulable », je suis au milieu de vététistes agonisants ! Tout le monde est sur la moulinette alors qu’il n’y a quasiment pas de pente.

Chaque coin d’ombre est pris d’assaut par des concurrents qui s’allongent et récupèrent.
Les gens poussent, poussent.

Parfois, ils roulent très doucement.
Plus doucement, ils reculeraient.

C’est un véritable calvaire ! Je ne m’imaginais pas un tel scénario. L’épreuve est vraiment dure, et les gars pas assez préparés le payent cash surtout par cette chaleur. Dans une source, les gens s’aspergent, Joël se prend une douche et repart. On croit que c’est fini lorsque la pente se fait un peu plus forte, mais c’est en fait pour annoncer un violent portage qui démoralise tout le monde. Plus loin, c’est enfin la délivrance et une longue pause au col de Lus avant d’attaquer la descente.


Content d’être là !

On attaque la descente un peu piégeuse en dévers. On passe par des névés.

La fatigue nous oblige à être prudents. Mais ça passe ! A noter qu’on a quand même dépassé quelques vététistes, pas mal !
On arrive à la route, c’est la délivrance ! Fausse joie, on rentre dans la forêt, pont des scouts et encore un portage se présente. Je rigole mais pas Joël ni bon nombre de vététistes dans le même état que lui ! On chemine sur un sentier sympa et enfin c’est l’arrivée au centre de Lus la croix haute. On aura mis 7h38 pour faire 48 km à une moyenne de 9 km/h !

Joël est complètement HS. On file ensuite au camping, on se restaure avec les rillettes et les crêpes des parents d’Hervé. Pendant que je me douche, Joël s’allonge. J’apprends que certains concurrents sont sous perfusion du fait de la difficulté et de la chaleur.
Un peu plus tard, on part diner

Traditionnellement, c’est Paëlla

On part ensuite se coucher, demain on part très tôt, il faut donc se lever à 5h et surtout il faut avoir récupéré avant.
En tout cas, cette étape fut une révélation. Je ne pensais pas que des vététistes des chemins du soleil puissent être autant à la ramasse. La chaleur n’y est pas étrangère, c’est certain. Ceux qui ont terminé ont eu vraiment beaucoup de courage, chapeau !
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