Après quelques temps de silence, je me suis obligé à raconter cette forestière 2009. Il faut dire que si elle a bien commencé, pour moi elle s’est plutôt mal terminée.
Le samedi, rendez-vous était pris à la maison pour charger les vtt et surprise, lorsque l’on a voulu desserrer le porte-vélo, impossible ! Après quelques manipulations à l’aide d’outils, on parvient enfin à extraire la vis, un petit coup de filière plus tard, on charge les bagages , on réinstalle les vtt et on prend la route direction le Jura. Cette année, pas d’incident sur le trajet. On arrive à Arbent pour retirer les plaques vers 18h et on atteint le gite une heure plus tard. Pendant qu’on décharge, l’équipe de choc revient de sa balade de 25 km dans la campagne Jurassienne, et il semble que le sol ne soit pas si sec que ça…
On s’installe, on dîne, on dort. Joël est largement battu dans les ronflements pendant la nuit. Finalement, sa réputation semble usurpée.
Le lendemain, les participants aux 85 km sont les premiers à partir, et alors qu’on s’apprête à monter en voiture, Greg arrive et n’a pas encore pris son vtt dans le local, décidemment, c’est une habitude J
On monte à Lajoux, on se gare et on rejoint Lamoura en vtt par la route. Ça avionne, on sent que les gars sont en forme. On voit passer les premiers concurrents du 100km, et on rejoint la ligne de départ. Premier faux pas, le départ est décalé à 9h30 pour laisser passer tous les concurrents du 100, ça va obliger à faire vite pour passer avant le départ des 70 à Lajoux.
9h35, notre vague démarre, ça part dans la ville, ça se bouscule un peu. Pas de montée impossible cette année, on contourne et finalement on arrive à la côte glissante où il y a un premier bouchon. Un gars me chauffe en voulant doubler tout le monde et embarque ma pédale avec sa courroie de cale-pied, je crois rêver ! « Ben vas-y cours si t’es pressé ! ». Je ne sais pas si mon ton avait quelque chose de particulier, mais il est ensuite sagement resté derrière… On remonte sur les vtt, un peu plus loin, on est encore à pied pour un passage de flaques. Certains, dont Benoit, n’ont pas la patience d’attendre en file indienne, et doublent sur les côtés, super, il va falloir les redoubler un peu tard. Quand je vois le temps et l’énergie qu’il me faut pour passer ces concurrents, ça m’énerve profondément. Il faut dire qu’en dehors de la trace, le terrain est franchement pourri. D’ailleurs 3 fois je me ferai avoir en m’embourbant hors trace en voulant doubler. Du coup, j’assure ensuite les dépassements, quitte à perdre du temps en suivant gentiment les randonneurs.
On arrive à la portion bien montante, j’ai souvenir d’être monté plus haut sur le vtt il y a deux ans, aujourd’hui je manque d’accroche, je me demande si finalement il n’aurait pas fallu changer les pneus. Séance portage pendant quelques dizaines de mètres et on remonte sur les vtt pour rejoindre Lajoux. Le terrain est glissant, mais je maîtrise, c’est bon signe.
A peine arrivé au ravito, j’entends le speaker qui annonce le départ des rando, je ne m’attarde donc pas et enquille la suite. Ça descend fort jusqu’à la fameuse montée de la recula. J’ai de la chance, il n’y a quasiment personne, je monte sur le vtt jusqu’à la troisième glissière (comme il y a 2 ans) qui m’oblige à mettre pied à terre, je pousse un peu, remonte sur le vtt jusqu’au virage, repose pied pousse et remonte enfin sur le vtt. Malgré tout, ça dérape un peu et je perds un peu d’énergie tout en montant dans les tours, pas très bon pour la gestion de la distance… Je fais une pause de 2 minutes avant de repartir à l’assaut de cette Forestière 2009.
Dorénavant, les chemins sont un peu plus dégagés, même si parfois je suis obligé de patienter sur certaines
portions, notamment les passages bien glissants en sous-bois où je suis plus à l’aise que les concurrents qui m’accompagnent, mais où sortir de la trajectoire est très hasardeux. Heureusement,
les portions de route permettent de doubler. On attaque ensuite le GR sur une partie très agréable et j’arrive aux Moussières pour le ravito après 2h04 de vtt, je suis dans les temps pour les
5h30, mais il ne faut pas chômer, d’autant qu’il reste encore plus de 1000m D+.
Pause de 3 minutes et je repars. Certains petits coups de cul qui passaient sur le vtt il y a 2 ans me posent des problèmes cette année. L’adhérence des pneus été est vraiment trop limite, j’aurai dû écouter Joël ! Heureusement, sur les autres portions, je roule mieux ça compense largement le temps perdu, mais la fierté de passer sur le vélo est absente. Pendant cette partie plutôt montante, je ressens une légère lassitude, je profite alors du paysage pour me changer les idées, je ne me souvenais pas que cela montait autant. Je roule de façon presque automatique, d’autant que la technicité de cette partie est plutôt basse. Il n’y a quasiment qu’à contrôler les glissades. On attaque ensuite une côte de 4 km, et je ressens cette fois-ci de la fatigue, aïe, il me reste encore 40 km avant l’arrivée. Le ravito de la pesse est assez proche et cette fois, je ferai une vraie pause de 6 minutes pour me requinquer. Je prends aussi un gel pour prévenir les crampes, au cas où.
Bien reposé, je repars à l’attaque, je me sens mieux, je double pas mal de concurrents dans les côtes et sur le plat, j’assure dans les descentes, tout va bien. J’arrive sur la descente du facteur, en haut je double 2 personnes puis quand cela devient plus délicat, je reste sagement dans les roues sur la trajectoire, nous sommes un groupe de 5 vététistes à descendre tranquillement en file indienne. Tout se passe bien jusqu’au dernier virage à droite où un vététiste nous fait l’intérieur en descendant pleine balle. Je suis surpris, je dévie sur la gauche, je perds le contrôle du vtt. Devant moi, j’aperçois mon prédécesseur part en crabe sur la droite. Je file droit dans un arbre, je lâche le vtt et percute l’arbre avec le genou gauche. Je reprends le vtt et finis la descente, par contre, j’ai mal au genou, je touche, oh là, ça saigne beaucoup, je m’arrête pour constater les dégâts. C’est ouvert profondément, et on peut voir la rotule, pas bon du tout ! Je ne peux pas faire grand-chose. Je serre les dents et continue jusqu’au ravito un peu plus loin. Hélas là-bas il n’y a pas de désinfectant, et quand je vois toutes les petites particules qui sont dans la plaie, je m’inquiète un peu. La responsable du site m’emmène au point de contrôle un peu avant le ravito et appelle les secours ambulants, puis le médecin chef de la course. Il me faut arrêter et passer à l’hôpital. La randonnée se termine donc pour moi, dommage, j’étais largement dans les temps pour faire moins de 5h30. Pendant qu’on me nettoie succinctement la plaie, je me fais un petit malaise, mais rien de méchant. Je vois passer Thibaut qui avait fait la boucle supplémentaire course. Puis plus tard, c’est Luis qui arrive puis Joël. Il a lâché Manuel, trop fort !
Je suis rassuré, au moins ils savent que j’ai eu un pépin. On m’emmène ensuite à l’hôpital où on me nettoie la plaie et on me recoud le genou, puis retour sur le site d’arrivée où je retrouve les autres. La douleur est très forte et j’ai la nette impression que le roc se fera sans moi cette année.
10 jours plus tard, c’est effectif. Il y a eu une complication infectieuse de la plaie et je dois à grand regret laisser l’équipe partir sans moi pour Fréjus…
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