Samedi, réveil à 6h00, la nuit fut courte et c’est difficile de sortir du duvet.

Après le petit déjeuner, avec cette fois du lait froid, on prépare les affaires et on se rend au départ. A 8h04, on démarre et avec Joël, on s’arrête à 8h05 en voyant la masse de vététistes enquiller la montée et se retrouver quasi à l’arrêt.

On attend un petit moment pour laisser passer le flux et on part. La montée est régulière et Joël se sent bien puisqu’à mon grand étonnement il avance assez vite, je remonte à sa hauteur pour donner un rythme un peu plus lent, je ne suis pas vraiment chaud encore. Après quelques hectomètres, il y a déjà un bouchon créé par un portage. On prend son mal en patience. Les premiers kilomètres sont un chemin de crête pas toujours évident à négocier pour tout le monde et sur lequel on se voit contraint de descendre de vélo ou de pousser de temps à autres. Il y a aussi de bons passages assez techniques qui sont bien plaisants. Joël assure lorsqu’une difficulté se présente, il a raison car devant lui à un endroit il fait un refus, un concurrent fait un beau soleil. Il y a quelques glissades dues à l’humidité sur les racines, mais globalement, on s’amuse bien. Malgré tout, je m’inquiète un peu car niveau cardio, le rythme est très bas, la fatigue de la veille sans soute. On arrive au col de cabre, où se situe le premier ravitaillement.
On repart pour une montée qui va durer…100m. Après c’est un portage de folie qui nous attend. On va mettre un quart d’heure pour grimper les 150m de dénivelé. On sue comme pas possible, c’est très éprouvant physiquement !
Arrivés en haut, on se demande pourquoi nous avoir fait passer par là. On le saura vite, la descente et plus globalement la portion qui suit est très ludique. Descente, sentiers, petits coups de cul, petits portages, tout ça s’enchaîne avec plaisir. Je m’arrête pour attendre Joël qui semble bien, mais pas complètement à son aise (il « se chie dessus » dans les descentes comme il dit…).
On arrive au second ravito au bout de 2h50. L’étape est dure physiquement, surtout qu’il y a beaucoup de portages, et les pourcentages des côtes, même celles faites sur le vélo, sont élevés. On se restaure bien et on entame la troisième grosse montée du jour. On est épaté de voir une des hollandaises de la veille sur son vélo, elle roule à 3 km/h, mais reste en équilibre. Visiblement son équipière n’a pas pris le départ aujourd’hui. Pour notre part, nous alternons poussages, roulages et pauses. Comme la veille, on est à peu près avec les mêmes groupes sur toute la rando. Les portages sont omniprésents, Joël donne des signes de faiblesse, il va falloir qu’il reprenne la rando pédestre pour assurer dans ces parties…
On arrive au somment et on bascule dans une descente bien agréable qui alterne sentiers, pierriers, épingles et passages plus larges. C’est très plaisant. Joël est devant moi et il refuse un passage qui ne me paraît pas si terrible que ça. Je le double, entame le virage et là, une erreur de regard sans doute et je bascule dans le vide. Belle chute avec roulé-boulé et le vélo qui passe 2 mètres au-dessus de moi. Je me relève, j’ai l’impression de saigner au niveau de l’aine, je regarde, a priori non. Je récupère le vélo, regarde si tout est ok, mais je sens du liquide couler. Je regarde de nouveau dans le cuissard, pas de traces de sang. Je me suis quand même pris un bon coup de potence, on voit la trace du choc. Bon, même si j’ai un peu mal ça doit être bon. Je remonte sur le vélo, on continue la descente (et là j’assure tous les passages un peu chauds) mais la douleur est quand même là. On entame la dernière grosse côte de la journée et on arrive au dernier ravitaillement.

Là, sur les conseils de Joël, je vais voir le médecin qui était en train de soigner un concurrent ayant visiblement une jambe cassée pour lui demander une pommade à appliquer. Il me demande de lui montrer l’endroit blessé, je m’exécute. Vu sa tête, ça ne doit pas être terrible, il me donne quelque chose, et on repart.

Non, je ne me touche pas !
Dans la montée, la douleur est tenace, on s’arrête comme prévu à la moitié et j’en profite pour prendre un cachet que j’avais dans le sac. On repart pour quelques mètres, et de nouveau un portage de dingue se présente à nous, ça n’est vraiment pas cool ça ! On pousse, on porte, jusqu’à retrouver une portion où l’on peut rouler, puis on pousse de nouveau compte tenu du terrain et de la pente. La fatigue s’accumule, et on n’a même plus l’énergie nécessaire pour donner un petit coup de rein lorsqu’on est sur le vélo pour passer un obstacle ou une épingle, grrr. Presqu’arrivés en haut, on voit Thibaut et Hervé allongés en train de se reposer. Ils proposent à Joël de s’arrêter, je lui dis au contraire qu’il faut continuer, on s’arrêtera plus loin, dans la descente. Après un petit gel, Joël repart, on entame la descente, bien raide, et vers le milieu, on fait une large pause au bord d’un ru. On s’envoie des barres, du gel, de la boisson et des compotes énergétiques. Joël ne regrette vraiment pas tous les trucs énergétiques qu’il a amenés, même si ça lui donne des gaz. Pour ma part, c’est plutôt l’éructation, ça fait un super concert !
On finit la descente, et un premier passage de gué se présente, on passe en faisant bien attention de ne pas mouiller les chaussures.

Peine perdue puisque quelques kilomètres plus loin, c’est le Buëch qu’il faut traverser, et même remonter ! On a de l’eau jusqu’aux genoux, et parfois à mi-cuisses. Assez sympa dans l’absolu, mais dur après tous les efforts fournis, surtout qu’il y a pas mal de courant !

En tout cas, on se rapproche de Lus-la-croix-haute et c’est ce qui est important. A la sortie de la rivière, un « vététiste con » chauffe un peu Joël. Décidément, on en aura eu un tous les jours. Avant d’arriver, il y a encore un gros portage à effectuer. Joël est exténué, j’ai mal mais je serre les dents, et je suis aussi pressé d’arriver. On passe devant une fontaine où on s’était arrêté en famille deux ans auparavant. Une vieille dame nous avait expliqué qu’elle mettait des verres pour que les gens puissent boire tranquillement. Je sais donc qu’il reste moins d’un kilomètre avant la place centrale de Lus. Effectivement, on arrive après 6h22 ! on aura roulé (c’est un bien grand mot, on pourrait dire « avancé ») à environ 10 km/h de moyenne. Hervé et Thibaut sont là depuis quelques minutes alors qu’Alain et l’autre Hervé sont arrivés dans les premiers de l’étape vers midi. C’est l’étape la plus courte, en tout cas, elle est loin d’être facile.
45,1km pour 1810m d’ascension. Au final une étape bien sympathique pour les passages empruntés mais qui présentait trop de portages pour être agréable, parlez-en à Joël…
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